La connaissance du troisième genre : quelques exemples (2)

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Exemples

  1. Exemple mathématique : la quatrième proportionnelle

Nous renvoyons à notre précédent article L’exemple de la quatrième proportionnelle.

  1. Exemple physique : la gravitation

« Le but ultime du physicien est de découvrir les lois élémentaires et universelles de la nature à partir desquelles le cosmos peut être construit par déduction. «  (Einstein).

Prenons le cas de la chose particulière qu’est la gravitation dont l’étude est à l’origine des démarches d’Einstein :

« Le problème de la gravitation m’a converti à un rationalisme qui conduit à rechercher la seule source crédible de vérité dans la simplicité mathématique »

Pensée éminemment spinoziste puisque :

« L’Esprit ne sent pas avec moins de force les choses qu’il conçoit par un acte de l’entendement que celles qu’il a dans la mémoire. Car les yeux de l’Esprit par lesquels il voit et observe les choses sont les démonstrations elles-mêmes » (Eth V, 23, Scolie).

Intéressons-nous donc à la gravitation.

Chacun ressent par les sens la force d’attraction de la terre : il ressent son poids, il voit qu’un corps envoyé en l’air retombe nécessairement, etc. Il a l’idée de ces affections corporelles, de ces images. C’est l’Imagination.

Dans l’espace, dans l’attribut Etendue, la terre exerce une force d’attraction sur tous les corps situés dans son voisinage, la force gravitationnelle. C’est une loi de la nature, une propriété commune entre la terre et les corps proches. Newton, par la Raison a perçu cette force gravitationnelle et l’a coulée en une formule mathématique, un être de raison qui explique la force ressentie par le corps humain.

Mais cette force gravitationnelle n’est qu’un effet. Quelle est sa cause prochaine immanente à partir de laquelle se conçoit son essence ?

La théorie de la relativité générale d’Einstein montre que la cause de la force gravitationnelle exercée par la terre est la courbure de l’attribut Etendue, considéré comme espace-temps, qu’elle provoque dans son voisinage. On a saisi là dans l’immédiateté de l’Intuition la cause de la force gravitationnelle. On la « voit ». Il n’est plus besoin de quelconques développements. Einstein a conçu la chose particulière qu’est la terre en tant que corps attractif comme elle est en Dieu. Il en a ensuite déduit les lois mathématiques, les êtres de raison qui expliquent la force gravitationnelle, lois dont celle de Newton est un cas particulier, lois qui expliquent rationnellement notre ressenti de cette force.

On peut tenter la schématisation suivante (J’ai réalisé un schéma en Word qui n’est pas passé ici. Je peux faire parvenir, par courriel, le document Word avec ce schéma à toute personne intéressée)  :

Au niveau de Dieu ou la Nature :

Dieu est cause efficiente et immanente de la terre que nous considérons en tant que corps attractif. Cette terre, comme corps attractif, est  un corps étendu qui provoque une courbure dans l’espace-temps, elle-même responsable d’une attraction sur tous les corps voisins. En même temps cette courbure est une idée dans l’attribut Pensée dont se déduit l’idée de la force gravitationnelle.

Au niveau humain :

La gravitation affecte l’homme qui imagine cette affection corporelle. L’homme (Newton) perçoit les propriétés de cette affection corporelle, propriétés qu’il transforme en équations. L’homme (Einstein) conçoit la courbure de l’espace-temps comme cause immédiate de la gravitation.

Einstein était un grand admirateur de Spinoza dont il partageait la conception de Dieu et la conviction de l’entière intelligibilité du réel :

« Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l’ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains. »
(Télégramme au rabbin Goldstein de New York, avril 1929)

« Je suis fasciné par le panthéisme de Spinoza, mais j’admire plus encore sa contribution à la pensée moderne, parce qu’il est le premier philosophe qui traite l’esprit et le corps comme unité, et non comme deux choses séparées. »

« Cette conviction, liée à un sentiment profond d’une raison supérieure, se dévoilant dans le monde de l’expérience, traduit pour moi l’idée de Dieu. »

De là ses conceptions épistémologiques …

Jean-Pierre Vandeuren

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