Spinoza, Mahomet, le Coran et l’Islam (1/8)

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« Beaujolais, saucisson et Spinoza pour tout le monde ! »

(Pancarte apposée devant le Bataclan après les attentats du 13 novembre 2015)

« Le moment est venu, par ces gros temps où penser devient salutaire, d’adopter à l’égard du Coran une attitude de lecteur et de penseur semblable à celle qui a initié en Europe, après la rébellion lectrice de Luther, la formidable révolution critique inaugurée dans l’œuvre d’un Spinoza et qui a triomphé dans la pensée d’un Kant.»

(Youssef Seddik, philosophe spinoziste tunisien)

Toutes les religions anthropomorphes sont des constructions humaines, des mythes, au sens spinoziste que nous avons donné dans nos articles Il faut sauver le mot Mythe ! : Le mythe est un discours qui met en scène un absolu en en métamorphosant le sens premier afin de notifier et d’imposer une intention à propos de cet absolu à une communauté afin que celle-ci y adhère de façon irrationnelle.

Le but ultime de cet article est de prouver que la religion islamique est un tel mythe. Pour y parvenir, il nous faut identifier clairement l’auteur ou les auteurs de ce discours et sa ou ses intentions, c’est-à-dire procéder à une analyse historico-critique, telle qu’initiée par Spinoza dans le Traité Théologico-Politique (TTP), des vecteurs de l’Islam, son livre saint, le Coran et son histoire telle qu’elle est connue traditionnellement.

 

Plan

Introduction

Le Traité Théologico-Politique

L’histoire « officielle » de Mohamet et du Coran

Analyse mathématique du Coran

Mecque mythique et Mecque réelle

L’histoire réelle de l’islam

L’islam en tant que mythe

La ré-ception de ce mythe et sa possible dé-ception

Introduction

Tout individu qui se réclame de l’esprit des Lumières (« Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des Lumières. » (Kant)), ne peut que se trouver  à tout le moins décontenancé, si pas ahuri, à la lecture du livre saint des musulmans, le Coran. Il n’y trouve, même après de multiples consultations, qu’un salmigondis d’affirmations gratuites, d’inepties, de contradictions, d’admonestations, d’imprécations, toutes rabâchées à longueur de sourates (les chapitres) et de versets. En résumé, une récitation (c’est la traduction du mot « coran ») continue, obsédante et abrutissante dont on sent bien que la finalité est de créer une imprégnation hypnotique dans l’esprit des récitants d’une soumission (c’est la traduction du mot « islam ») par l’obscurcissement de ses facultés critiques. En termes spinozistes, on dirait que ces récitations suscitent l’ « admiration », « cette façon d’imaginer un objet qui attache l’âme exclusivement par le caractère singulier de cette représentation qui ne ressemble à aucune autre » (Eth III, Définition Générale des Affects, 4) et « fixent tellement l’esprit dans la considération d’un seul objet qu’il ne peut plus penser à rien d’autre » (Eth IV, 44, Scolie). Elles créent une obsession. Une obsession est une focalisation sur un nombre très restreint d’images qui nous accapare totalement, c’est une exacerbation de la vivacité de l’imagination, vivacité qui est inversement proportionnelle à notre aptitude à comprendre (voir notre article Imagination riche et imagination vivace).

Cette constatation d’obscurité apparaît bien sûr ça et là dans les écrits des esprits « éclairés ». On en trouve déjà des traces dans le Traité Théologico-Politique de Spinoza : « … chez les Turcs où la discussion est un sacrilège et où l’esprit de chacun est rempli de tant de préjugés que la saine raison n’y a plus de place et le doute même n’y peut entrer. » (Préface) ; chez Voltaire, évidemment, où le Coran est traité de « déclamation incohérente » et de « chaos informe et barbaresque » ; chez Lucilio Vanini, mais avec cette différence toutefois que le philosophe italien ne distinguait pas, sur ce point, entre la Bible et le Coran, la première n’étant pour lui qu’« un tissu de fragmens cousus ensemble en divers tems, ramassés par plusieurs personnes et donnés au public à la fantaisie des Rabins […] un Livre, où il n’y a gueres plus d’ordre et de methode que dans l’Alcoran de Mahomet, que personne n’entend, tant il est confus et mal conceu.», … On n’aura aucun mal à trouver quantité d’autres  affirmations dédaigneuses de cette veine. Leurs auteurs constatent, méprisent et se détournent, estimant, à juste titre sans doute dans leurs cas, que ces déclamations ne méritent  pas une minute de peine supplémentaire.

Mais, époque oblige, nous ne pouvons plus nous contenter de ce dédain et de cette ignorance. La  confrontation violente actuelle avec l’Islam au sein de nos sociétés occidentales nous contraint à approfondir notre réflexion. L’horreur engendrée par les attentats terroristes perpétrés en son nom nous renvoie nécessairement à son livre fondateur car « L’Islam est par excellence une religion d’un livre : il naît du Coran et s’appuie sur lui. » (Pierre Gisel).

Nous nous replongeons donc dans le Coran, mais, cette fois, avec l’arrière-pensée de toutes les violences qui lui sont liées dans notre esprit, violences qui nous apparaissent à présent quasi constantes. Et le sentiment d’absurdité et d’incompréhension se mue en angoisse diffuse face aux nombreuses questions qui se posent, aux lancinants « pourquoi ? » qui naissent et qui nous taraudent : Pourquoi cette haine déployée envers les occidentaux et qui se matérialise dans la violence monstrueuse des attentats ? Mais aussi pourquoi ces terribles luttes fratricides entre musulmans qui se perpétuent depuis des siècles et semblent ne jamais devoir se terminer ? Pourquoi cette intolérance doctrinale de l’Islam envers les autres religions ? Pourquoi cette volonté de tout dominer ? Pourquoi les problèmes d’intégration au sein du monde moderne, si ce n’est de compatibilité avec lui ? Pourquoi toutes ces atteintes aux libertés, à la dignité humaine ? Pourquoi si peu de réaction de l’immense majorité des musulmans eux-mêmes devant tout cela ? Et en particulier, pourquoi si peu de réaction devant les violences qui ne cessent de se produire depuis que cette religion s’est imposée, voici environ 1 400 ans, et la formidable épopée de Mahomet, son prophète ? Pourquoi est-il si difficile, voire interdit aux musulmans d’aborder ces sujets, de poser ces questions et de se livrer à des interprétations critiques ?

Absurdités, obscurités, incompréhensions, intolérance, violences et soumission, Spinoza, en son temps, fut aussi confronté à ces conséquences de la superstition religieuse, en réponse desquelles il écrivit le TTP…

Jean-Pierre Vandeuren

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