Mystification et mythification, stratégies d’affirmation du Conatus (1/3)

Publié par

« Ça n’est pas ce qu’on fait qui compte, 

C’est l’histoire

C’est l’histoire

 La façon dont on l’raconte

 Pour se faire valoir. » (Yves Duteil)

Plan

Introduction

Les religions : mystification universelle

Le cas Anna O. : mystification freudienne

Tout est désir mimétique : mystification girardienne

 

Introduction

Le conatus humain, le Désir, est une poussée d’affirmation de l’existence individuelle. Cette force d’affirmation se heurtant aux poussées affirmatives des autres individus, entre nécessairement en conflit avec celles-ci. Toute lutte nécessite l’adoption de stratégies en vue d’emporter la victoire ou, à tout le moins, de résister aux forces contraires. L’une des stratégies sociales les plus efficaces pour ce faire repose sur le recours à la forme de mystification subtile qu’est la création de mythes, la mythification.

De fait, le mythe est un discours qui met en scène un absolu en en métamorphosant le sens premier afin de notifier et d’imposer une intention à propos de cet absolu à une communauté afin que celle-ci y adhère de façon irrationnelle (Voir Il faut sauver le mot Mythe (4)). La puissance d’adhésion au message intentionnel véhiculé par le mythe réside dans son caractère « naturel » pour la communauté à laquelle il s’adresse, ainsi que nous l’exposons dans l’article précité :

« Le mythe s’inscrit dans un contexte socio-culturel et donc dans une histoire mouvante. Mais il essaye de fixer cette histoire, de la transformer en nature, en quelque chose de « naturel » pour le récepteur, le lecteur du mythe. Ainsi, le soi-disant complexe d’Œdipe freudien est-il considéré à présent comme « naturel » dans notre culture occidentale.

Au départ, le signifiant emprunté par le mythopoète et le signifié qui véhicule son intention ne sont pas sur le même plan et c’est le mythopoète qui établit une analogie entre les deux plans, pour en tirer une signification nouvelle. Ainsi, la tragédie originale de Sophocle mettant en scène Œdipe n’a-t-elle que pas ou peu de référence avec la sexualité. Mais l’analogie freudienne en fait une référence uniquement sexuelle. Le lecteur du mythe, le considérant comme « naturel » a transformé (métamorphosé) l’analogie en rapport causal ; le signifiant et le signifié ne sont plus seulement lié par analogie, mais sont vus dans une relation de cause à effet. C’est parce que tout garçon veut évincer son père pour prendre sa place dans le lit de sa mère qu’Œdipe, paradigme extrême de cette « loi » universelle, a tué le sien pour épouser la sienne. »

Illustrons cette efficacité au moyen de trois exemples.

Les religions : mystification universelle

Incontestablement, les religions forment la mystification universellement la plus aboutie. Leurs processus de mythification, dans le cas des trois religions monothéistes, judaïsme, christianisme et islamisme, est détaillé dans notre ouvrage Mythes, contes et religions (voir l’annonce qui précède cet article).

Jean-Pierre Vandeuren

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s